Sans suiveur : voilà une mauvaise idée ...

lundi 8 février 2021, par JMB

Il y a quelques minutes un ami m’a passé un mot me disant qu’il avait lu que la fédération italienne de moto allait interdire les suiveurs dans certaines zones pour les "petites catégories" lors du championnat d’Italie, argumentant que cela permettrait à ces jeunes de progresser en ne comptant que sur eux-mêmes, dans ces zones déterminées.

www.planetetrial.com espère que cette idée saugrenue ne va pas échauffer les esprits de la commission trial de la FFM, et ce pour au moins deux raisons.

La première c’est la relativité de la dangerosité d’une difficulté selon la valeur du pilote.

En effet, si vous mettez Hugo DUFRESE ou Benoit BINCAZ en face de d’une petite marche de 70 cm, c’est sur que pour eux le niveau de dangerosité est plutôt très bas.

Mais pour les pilotes qui roulent dans les petites catégories, la dangerosité est en relation avec leur niveau. Et donc ce qui n’est pas dangereux pour certains, peut l’être pour d’autres.

Donc au final, qui peut vraiment juger si telle ou telle difficulté n’est dangereuse pour aucun des "petits" pilotes qui participeront à ces épreuves ?

Qui est prêt à endosser une telle responsabilité ? 

Voilà qui nous amène à la seconde raison, et pas la moindre, c’est celle de la responsabilité.

En effet, si par malheur, malchance ou autre, un pilote des petites catégories se blesse grièvement dans une zone jugée non dangereuse, qui va endosser la responsabilité devant, le cas échéant, un tribunal ?

Le ou les commissaires qui auront interdit l’accès de la zone au suiveur du petit pilote ?

Le club, qui a organisé le trial ?

La ou les personnes qui auront décidé que dans cette zone le suiveur serait interdit d’entrer ?

La FFM qui aurait pondu une telle règle ?

Tous ?

Bref, la chose n’est pas simple et nous pensons que la règle de la sécurité maximum doit toujours prévaloir.

Pour preuve, dans certaines zones de championnat de France, il n’est pas rare qu’un pilote, avec l’accord des commissaires, pour sa sécurité, demande à ce qu’un autre suiveur puisse aider son propre suiveur.

Au final, on est surpris par cette décision de la fédération italienne, qui est généralement plutôt visionnaire ... à moins qu’en Italie la règle de la responsabilité soit très différente de ce qui se fait en France et qu’elle assume totalement le risque en cas de blessure ... ce dont nous doutons quand même ... surtout si au bout il y a une infirmité jugée à plusieurs centaines de milliers d’Euros ... et là personne ne va vraiment rigoler ...